Oeganda

Quelles sont les nouvelles en Ouganda?

Share

Publié le 19 novembre 2018 par Isabel Van Goethem dans Do Good

Cela fait deux semaines que nous sommes rentrés de notre voyage en Ouganda, et nous en gardons un souvenir doux-amer. Nous avons partagé de très bons moments avec des personnes qui auront toujours une place dans notre cœur. Nous avons fait la connaissance de gens qui continuent à rire et à se battre malgré de nombreux revers, des gens qui possèdent très peu et qui vont tout faire pour nous faire sentir bien, nous les mzungus (blancs). Nous avons aussi vu beaucoup de misère, qui nous a fait prendre conscience de la chance que nous avons. Envie de savoir comment s’est déroulé notre voyage ? Poursuivez votre lecture.

Arrivée en Ouganda

Samedi soir, le 27 octobre : deux années se sont écoulées depuis notre première visite en Ouganda, à Christie et moi. Yves nous attend avec Paul et Deo. Quel bonheur de les revoir ! Paul et Deo sont deux chauffeurs de boda boda qu’Yves connaît depuis des années ; ils nous ont emmenés en toute sécurité partout où nous devions aller en mai 2016. Nous faisons également connaissance avec le reste de nos compagnons de voyage : Tom et Els de l’école De Spreeuwen Mechelen et les parents d’Els, Carla et Monne, qui ont contribué au projet par le biais de la fondation Spinoy. Mon fils Daan de 11 ans est également avec nous. Pour en savoir plus, n’oubliez pas de lire le blog précédent..

Le lendemain matin, nous revoyons également Marc, avec sa fille Else. Marc a enseigné à l’école De Spreeuwen pendant de nombreuses années et a déjà mené à bien plusieurs projets de construction ougandais pour Yves.

Distribution de vêtements pour enfants dans le village natal de Paul

Nous commençons notre périple par une visite du parc naturel de Murchisson Falls, à un peu plus de six heures de route de la capitale Kampala. Il serait dommage de se rendre en Ouganda sans pouvoir profiter de la faune et de la flore locales. C’est l’un des meilleurs souvenirs de Daan, évidemment ! Tout notre petit groupe, y compris Paul, Deo, sa femme Rema et sa fille Isabella, a adoré profiter de la beauté que la nature ougandaise a à offrir.

geboortedorp Paul


Sur le chemin du retour, notre véritable voyage commence. Nous nous arrêtons à Luwero, le village natal de notre ami Paul. Nous sommes chaleureusement accueillis par sa famille ; la mère et la sœur de Paul ont cuisiné pour nous. Après le dîner, nous commençons à distribuer des vêtements pour enfants. Nous avons plus de dix valises. Nous ne sommes même pas sortis des voitures que nous sommes déjà entourés par presque tout le village. Notre tentative d’apporter une certaine structure à la distribution des vêtements n’aboutit à rien. C’est tout simplement impossible ! Nous mettons aux enfants les vêtements qu’ils reçoivent pour voir qui en a déjà reçu et qui n’en a pas reçu, mais ils ne sont pas stupides. Ils enlèvent rapidement les vêtements et ils se remettent en file comme s’ils n’avaient encore rien reçu. Peut-on les blâmer ?


Finalement, toutes les valises sont distribuées et nous faisons une promenade dans le village. En un rien de temps, nous avons tous un ou plusieurs enfants accrochés à notre bras. Daan semble particulièrement leur plaire. À Luwero, on ne voit pas souvent de Blancs, et encore moins d’enfants blancs. Une vieille croyance dit que si vous touchez un enfant blanc, vous devenez vous-même blanc. Tout cela est très étourdissant pour lui.

kledingbedeling
dovenschooltjes

Visite des écoles pour sourds

’Le lendemain, nous visitons deux écoles pour sourds. Torfs, l’école De Spreeuwen et Wereld Missie Hulp ont co-financé le livret pour sourds « Anna goes to school » qui a été distribué dans les sept écoles pour sourds en Ouganda. Ce livret est principalement utilisé en première année, mais il sert également à faciliter la communication entre les enfants et les parents, nous explique le professeur Sam, lui-même sourd. Quel plaisir de voir comment ils utilisent ce livret dans la pratique ! Nous apportons également des sucreries, des boissons et des gâteaux. C’est un véritable jour de fête pour les enfants. Leur joie nous rend très heureux. Il n’est pas facile pour un enfant de vivre en Ouganda. Pour les enfants handicapés, le quotidien est encore plus difficile. Il est donc important qu’ils ne soient pas mis de côté.

L’école De Spreeuwen à Kampala

Le lendemain est un grand jour pour le directeur Tom et l’enseignante Els de l’école De Spreeuwen Mechelen. Grâce aux fonds récoltés lors de leurs semaines de la solidarité, ils ont pu construire une petite école dans un bidonville de la périphérie de Kampala, où Paul et sa famille vivent. Il y a deux ans, Christie et moi distribuions encore des livres et des affiches à l’école, qui n’était alors qu’une simple cabane. Aujourd’hui, on peut admirer un beau bâtiment avec deux salles de classe et des toilettes. Tout le monde est ravi du résultat et les enfants nous remercient avec de belles danses, qui font chaud au cœur !

L'école à Kampala

Ouverture de l’école primaire M-Lisada Passion

Nous sommes déjà le vendredi 2 novembre, le jour que tout le monde attendait avec impatience. L’inauguration officielle de l’école primaire M-Lisada Passion à Bombo.

Christie explique : « Le matin, nous partons en voiture pour Bombo. Vu les nombreux embouteillages à Kampala, nous avons décidé de partir tôt. Après environ deux heures, nous arrivons à notre destination. Nous effectuons la dernière partie du trajet à pied et nous marchons accompagnés par la fanfare M-Lisada. L’ambiance est directement festive.

M-Lisada Brassband


Et puis, le moment arrive enfin : nous apercevons l’école entre les arbres. Quel bâtiment ! Notre première impression est très positive. Ils ont travaillé d’arrache-pied !

M-Lisada Passion Primary School


Nous sommes escortés jusqu’à nos sièges. En plus de tous les sponsors et parties prenantes, la communauté de Bombo a également été invitée.

Les sponsors sont les premiers à être mis à l’honneur. À commencer par Yves, notre directeur commercial, pour ses nombreuses années de soutien indéfectible au projet. Mais aussi Torfs, Wereld Missie Hulp, la fondation Spinoy et l’école De Spreeuwen, qui sans lui, n’auraient pas rejoint ce projet.

La construction n’aurait pas non plus été possible sans l’Américain Chris Weigers. Il a fait don du terrain sur lequel l’école est construite. Sans oublier Marc, ancien professeur de l’école De Spreeuwen Mechelen. Il a déjà mené à bien plusieurs projets de construction. Il peut désormais ajouter l’école primaire M-Lisada Passion à sa liste. Par deux fois, il est resté en Ouganda pendant trois mois pour suivre les travaux sur place.

Le cœur de chacun est empli de joie. Le rêve de construire une école et l’espoir d’offrir à de nombreux enfants une bonne éducation se réalisent enfin ! « The future belongs to us », s’exclament-ils ! Et ils ont raison !

M-Lisada School


À partir de février 2019 (ce sont maintenant les grandes vacances là-bas), l’école sera opérationnelle. Elle accueillera deux classes de 40 élèves chacune.

Après les discours, les enfants de M-Lisada nous offrent un spectacle : danse, musique et acrobatie à la perfection. Ces enfants sont orphelins (ou leurs parents ne peuvent plus s’occuper d’eux) et au lieu d’errer dans les rues de Kampala, ils sont investis dans la communauté. C’est tout simplement merveilleux de voir ces enfants prendre leur avenir en main.

Enfin, Emily et Bosco (directeurs de M-Lisada) s’adressent à nous et à la communauté. Ce qui m’a surprise un peu, c’est lorsqu’Emily s’est mise à genoux. En fait, c’est LE plus grand geste de gratitude que l’on puisse imaginer. Pour elle et pour nous, c’est un moment très émouvant.

Et puis… ce que nous attendions tous avec impatience : l’ouverture officielle.

Tous les sponsors coupent le gâteau, un gâteau spécialement préparé dans la forme de l’école, puis le ruban. Un moment de pur bonheur ! Ensuite, nous posons tous pour une photo, puis nous prenons presque d’assaut l’école pour pouvoir découvrir l’intérieur. Nous voyons de belles salles de classe finies et beaucoup de visages heureux.

M-Lisada School
M-Lisada School


Une surprise supplémentaire attend les sponsors. Chaque classe-dortoir a reçu le nom d’un des sponsors. Comme c’est merveilleux ! Il est très difficile de décrire ce qu’on ressent lors d’une telle journée. Dans la voiture qui me ramène à Kampala, j’ai un sentiment d’espoir, d’enthousiasme et de satisfaction. The future belongs to you, M-Lisada ! »

Se remettre de toutes ces émotions…

Pendant le week-end, nous prenons le temps de nous remettre des jours passés. Le samedi, nous sommes invités par Yves à un barbecue sur le domaine où il a construit une maison pour sa famille ougandaise. Quel bonheur de les revoir ! Nous passons une merveilleuse journée avec sa famille et ses amis : Yasin, tel un guide expérimenté, nous fait découvrir Kibiri – Daan s’amuse avec Isabella, le petit Yves, Deus et Noëllina – nous mangeons, rions et buvons. Le soir, c’est avec le cœur gros que nous disons au revoir à Tom, Els, Carla et Monne parce qu’ils rentrent chez eux. Nous sommes heureux d’avoir vécu cette expérience avec eux !

Le dimanche, nous traversons le lac Victoria en bateau. Patrick, Hilde et Noëllina, des amis d’Yves qui vivent en Ouganda, et Marc et Else nous rejoignent. Nous naviguons entre les plantes de papyrus et arrivons à un petit port. De là, nous commençons, ce que nous pensions être une promenade tranquille. Aussitôt le pied à terre, Daan est à nouveau « assailli » par les enfants du village, nous sommes poursuivis par des vaches et nous faisons tout notre possible pour ne pas être piqués par les nombreuses fourmis qui se promènent. Une véritable aventure, mais nous gardons le sourire. Sur le chemin du retour, Hilde vide l’eau qui est entrée dans notre bateau et Noëllina et Daan s’éclaboussent, nous sommes soulagés de tout laisser derrière nous.

Oeganda

M-Lisada

Et puis, c’est lundi, le jour où nous rentrons chez nous. Nous ne pouvons pas partir sans visiter M-Lisada, l’organisation pour les enfants des rues que Torfs parraine depuis des années. Malheureusement, c’est un jour d’école et Catherine, Angel, Gloria, Timo et sa sœur Tracy ainsi que les nombreux autres enfants que nous avons rencontrés la dernière fois ne sont pas là. Comme nous aurions aimé les revoir ! Bosco nous emmène dans le bidonville derrière M-Lisada où il a lui-même vécu pendant de nombreuses années. Cette expérience se passe de mots. Christie et moi étions venus ici il y a deux ans, mais la situation semble avoir empiré. De tout notre voyage, ce sont les pires conditions que nous avons vues. Les cabanes dans lesquelles les gens vivent, l’eau sale qui les traverse et avec laquelle ils doivent se laver et cuisiner… Il n’y a qu’un mot pour le décrire : HORREUR. Comment cette situation peut-elle s’améliorer un jour ? C’est avec cette image et cette pensée que nous quittons l’Ouganda. Un beau pays, avec de belles personnes mais aussi beaucoup de misère. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir....

sloppenwijk M-Lisada

Suivez-nous sur

title