home Lenteweelde

Chaussures Torfs soutient l’a.s.b.l. Home Lenteweelde

Share

Publié le 25 septembre 2014 par Isabel Van Goethem dans Do Good

Chaussures Torfs soutient l’a.s.b.l. Home Lenteweelde. Et pourquoi cela m’affecte-t-il si personnellement... J’ai hésité un moment à écrire ce blog. C’est une histoire personnelle et elle ne concerne pas que moi. D’autres personnes sont également impliquées : ma famille, mes collègues de l’époque… Mais peut-être que mon histoire inspirera d’autres personnes, qu’elle encouragera des collègues à proposer un projet qui leur tient aussi à cœur et changera le regard que la société a sur les maisons d’accueil…

Depuis des années déjà, Chaussures Torfs soutient des œuvres caritatives. Citons nos partenaires réguliers Cunina, Beyond the Moon, Zuiddag, Bond zonder Naam… J’ai la chance de pouvoir y participer dans le cadre de mon travail. Donner quelque chose en retour à la société, existe-t-il quelque chose de mieux ? Désormais, je peux littéralement donner quelque chose en retour.

Cette année, les employés de Torfs peuvent proposer eux-mêmes des projets que l’entreprise s’engage à soutenir financièrement. C’est ce que nous appelons « l’engagement des employés ». Les projets dans lesquels les employés sont personnellement impliqués, les projets qui apportent une valeur ajoutée à notre société et où un centime supplémentaire est plus que bienvenu, peuvent bénéficier de ce soutien. Je n’ai pas hésité une seconde à présenter moi-même un projet. Le foyer Home Lenteweelde à Belsele (Saint-Nicolas) a été ma maison pendant cinq ans. Ou devrais-je dire « la maison du soleil » ? C’est ainsi que Dimitri Verhulst surnomme le foyer dans son dernier livre « Kaddisj voor een kut ». Il a été l’un de mes compagnons de séjour pendant un certain temps.

Le foyer Home Lenteweelde offre un logement à 12 jeunes âgés de 3 à 18 ans qui se trouvent dans une situation familiale problématique. Ils sont généralement placés par le tribunal de la jeunesse. C’est aussi ce qui est arrivé à mon jeune frère et à moi-même. À l’époque, j’avais 13 ans. Je ne vais pas tourner autour du pot, chaque enfant est mieux dans un environnement familial aimant, mais heureusement, il existe des établissements comme Home Lenteweelde qui donnent encore à ces enfants une chance d’avoir un bon avenir. Quand on est un enfant dans cette situation, il faut se construire soi-même cet avenir, sinon on ne s’en sort pas. J’ai vu certains de mes compagnons suivre un mauvais chemin : drogue, prostitution... Je me suis toujours dit : « pas moi ». Mon séjour à Home Lenteweelde m’a rendue très tôt indépendante. J’essayais de me surpasser à l’école, parfois les gens disaient de moi que j’étais une arriviste mais je m’en fichais. Certes, cela n’a pas toujours été facile. Les gens du village nous regardaient parfois de travers, pensant que nous avions certainement fait quelque chose de mal pour nous retrouver dans ce foyer. Mon premier petit ami a même dû rompre avec moi à cause de ses parents, lorsqu’ils ont appris que j’étais dans une « institution ». J’ai aussi connu l’effet inverse, ces regards de « oh, la pauvre » qui étaient peut-être encore pires.

Cependant, mon séjour à Home Lenteweelde a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, une personne qui n’est pas facilement influençable, qui défend ses propres opinions et qui est déterminée à faire quelque chose de sa vie depuis son adolescence. Et je m’en suis plutôt bien sortie. J’ai un travail palpitant, une bonne relation et je suis maman de deux garçons adorables qui ne manquent pas d’amour, même s’ils sont en garde alternée chez mon ex-mari et moi. Ce fut une épreuve difficile, car je voulais que mes enfants aient l’histoire parfaite de la maison, du jardin, du chien… Mais la perfection n’existe pas. Voyons le bon côté des choses, ils ont maintenant deux familles aimantes dans lesquelles ils grandissent. Dans un monde idéal, il n’y aurait pas de foyers comme Home Lenteweelde, mais dans le monde d’aujourd’hui, heureusement qu’ils existent.

Fin juin (2014), j’ai contacté l’un des éducateurs de l’époque et moins d’une semaine plus tard, j’étais de retour devant la porte. J’ai éprouvé un sentiment très étrange. Cela faisait des années que je n’y avais pas mis les pieds. À part Marnix, je n’y connaissais plus personne.

Peu de choses ont changé. La cuisine et la salle de bains ont été refaites et le bureau d’étude est devenu un bureau pour les éducateurs. Bien sûr, le foyer a connu quelques rafraîchissements par-ci par-là, mais le salon est resté le salon, la salle à manger est restée la salle à manger, la véranda est restée la véranda. Les meubles sont différents, mais l’agencement me semble toujours exactement le même. Le billard a toujours sa place dans la salle, même si ce n’est plus le même. Combien d’heures ai-je passées à y jouer ! Les pièces me semblaient beaucoup plus petites, peut-être parce qu’on a un autre regard quand on est enfant.

Le fonctionnement du foyer a, quant à lui, bien changé. Par exemple, il existe aujourd’hui des accompagnements familiaux, ce qui n’était pas le cas il y a plus de 20 ans ou du moins pas comme aujourd’hui. Pendant un instant, je me suis demandé si cela aurait changé la vie de mon frère et moi. Peut-être bien. En tout cas, il est bon de voir que les choses évoluent.

Très vite, de nombreuses idées ont été mises sur la table, auxquelles Torfs pouvait contribuer. Bientôt, elles se concrétiseront. Torfs va financer la rénovation de l’espace de vie : une nouvelle chaise pour le salon, de nouvelles couleurs sur les murs… J’ai l’impression que la boucle est bouclée maintenant. Cela fait du bien de pouvoir donner quelque chose en retour. Merci Home Lenteweelde, merci Chaussures Torfs ! .

Suivez-nous sur

title